150 ans Bernadette de Lourdes

Commémoration du samedi 18 juin 2016

2016 06 18 marie laure bernadetteLe 6 juillet 1866, le train de Bordeaux arrivait vers 6 heures du soir en gare de Périgueux. En descendant, trois jeunes filles que conduisait mère Alexandrine ROQUES, supérieure de l’Hospice de Lourdes. Personne, sans doute, ne prêta attention à ce petit groupe de voyageuses, et pourtant, parmi elles se trouvait Bernadette Soubirous.

Partie de Lourdes le mercredi 4 juillet 1866, selon son biographe l’abbé Laurentin, Bernadette était arrivée à Bordeaux dans la soirée. Elle avait visité les quatre maisons des Sœurs de la Charité de Nevers, l’église des Carmes, la Garonne et ses vaisseaux, le Jardin des Plantes et son bassin de poissons rouges devant lequel elle a dit : "Le plus beau, c’est de voir les petites bêtes nager en présence d’une foule de petits gamins qui les regardaient". A Bordeaux, elle a aussi visité "l’Institution Impériale", ce sont ses mots, c’est-à-dire l’institution des sourdes-muettes, magnifique immeuble de l’Abbé de l’Epée et on ne s’étonne pas que Bernadette ait établi une comparaison entre cette maison et le modeste hôpital de Lourdes.

Deux jours plus tard, le 6 juillet, c’est donc l’arrivée à Périgueux.

Pierre Souillac, dans son livre Bernadette et le Périgord (1934) dit, et je cite quelques lignes :

« Comme à Bordeaux, elle avait visité toutes les maisons de la congrégation des sœurs de la charité de Nevers, elle fut conduite aussi à la Miséricorde (nom du foyer d’enfants des sœurs) : les sœurs et les enfants furent ravies de la voir quelques instants dans la salle de la communauté.

Le séjour de Bernadette à Périgueux ne fit aucun bruit en ville (…). Cependant, la présence de la voyante de Lourdes dût se chuchoter dans les milieux religieux et ecclésiastiques. C’est ainsi que Monsieur l’abbé du Plantier, alors jeune vicaire à la cathédrale, dont il devait devenir archiprêtre, accourut pour voir la confidente de l’Immaculée Conception. Plus tard, à l’occasion du mois de Marie à St Front, il aimait à évoquer le souvenir de cette visite et à répéter son dialogue avec Bernadette, tout d’abord la question classique :

  • "Elle devait être bien belle, la Sainte Vierge ?

Et l’enfant, les yeux au ciel, répondait :

  • Si belle, si belle !..."

Et Pierre Souillac dit encore :

«  Il m’a été donné de rencontrer une ancienne orpheline de la Miséricorde et de recevoir son témo2016 06 18 groupe bernadetteignage sur la visite de Bernadette à l’orphelinat. Elle se rappelle, qu’étant la plus petite, elle était la plus proche de « la demoiselle qui avait vu dix-huit fois la Sainte Vierge à Lourdes » et qu’elle fut caressée par elle. »

Ces extraits des logia de Bernadette (des Paroles de Bernadette) nous font revivre son passage à Périgueux. Elle en repartira le lendemain et elle écrit aux religieuses de Lourdes la 20 juillet 1866 :

« Le vendredi nous couchâmes à Périgueux. Le lendemain, nous nous mimes en route à sept heures du matin et nous arrivâmes à Nevers vers dix heures et demi du soir. ». C’est donc le 7 juillet que Bernadette Soubirous arrive à Nevers pour entrer au noviciat du Couvent Saint Gildard des sœurs de la Charité et elle y restera jusqu’à sa mort le 10 avril 1879.

Bernadette, « la petite voyante de la grotte de Massabielle » » sera béatifiée moins de 50 ans après sa mort en 1925 et canonisée le 8 décembre 1933 par le pape Pie XI.

Voilà ce que nous avons choisi de dire sur le passage de Sainte Bernadette à Périgueux.

Ces paroles de Bernadette sur son lit de mort :

« Ce qu’on écrira le plus simple, sera le meilleur.

A force de vouloir fleurir les choses, on les dénature. »

Marie-Laure Saint-Martin